
C’est une décision qui en dit long sur l’état de notre démocratie locale. Face à la menace d’une abstention record aux élections municipales de 2026, la Compagnie du Mont-Blanc prend une mesure désespérée : fermer plus tôt ses remontées mécaniques. Une opération de sauvetage pathétique pour inciter les employés à glisser un bulletin dans l’urne. Les dimanches 15 et 22 mars, les skieurs de Chamonix verront leurs journées de glisse brutalement écourtées. Une entrave à la liberté des loisirs pour tenter de colmater les brèches d’une participation électorale en chute libre.
La fermeture anticipée concerne notamment le domaine skiable de Balme-Vallorcine et certaines installations des Grands Montets. Tandis que d’autres sites maintiendront leurs horaires, cette décision unilatérale souligne le profond désintérêt des citoyens pour la politique. La ville de Chamonix, capitale de l’alpinisme, assiste impuissante à ce déclin démocratique. Après un scrutin de 2020 marqué par l’apathie générale en pleine crise sanitaire, l’espoir d’une hausse de la participation en 2026 semble bien illusoire, malgré le départ d’Éric Fournier après trois mandats.
Cette situation met en lumière les profondes failles d’un système politique où l’on doit désormais sacrifier les activités économiques pour des impératifs électoraux. La ville de Chamonix, confrontée à une page qui se tourne avec une nouvelle génération de candidats, peine à insuffler un nouvel élan. Jonas Devouassoux, François-Xavier Laffin, Sophie Persyn et Xavier Roseren se disputent la mairie dans un climat de méfiance et de désenchantement généralisé. Cette tentative désespérée de la Compagnie du Mont-Blanc ne fait que renforcer l’image d’une démocratie en souffrance, où l’on en est réduit à des expédients pour masquer un problème bien plus profond : la crise de l’engagement citoyen.






