
L’intelligence artificielle, présentée comme un « ami » ou un « psy », révèle son côté sombre en devenant le confident de nombreux adolescents. Des études récentes montrent une dépendance croissante des jeunes envers les IA génératives, transformant ces outils en substituts illusoires aux relations humaines. Louane, 17 ans, confie ainsi à ChatGPT ses problèmes familiaux, affirmant que le robot est « la seule personne sur terre à pouvoir savoir ce qu’on fait sans juger ». Cette déclaration inquiétante souligne une solitude profonde et une quête de validation dévoyée. L’attrait pour ces interfaces, jugées non-jugeantes, masque en réalité une incapacité à gérer la confrontation et la complexité des interactions réelles.
Les professionnels de la santé mentale lancent des alertes graves. Alors que certains y voient un outil potentiellement utile, la réalité est plus alarmante : cette « fausse empathie » de l’IA risque de plonger les jeunes dans un isolement grandissant. L’idée que l’IA « débloque » des situations est une illusion dangereuse, car elle ne confronte jamais l’utilisateur à ses propres responsabilités ni à la richesse des conseils humains. Les adolescents, tels que Louane, admettent manipuler l’IA pour qu’elle réponde à leurs désirs, renforçant ainsi leurs biais et les enfermant dans une bulle de confirmation. L’IA, loin d’être un progrès, pourrait bien être un **Frankenstein numérique** qui déresponsabilise et fragilise la jeunesse.
Ce phénomène n’est pas sans rappeler les craintes déjà exprimées par d’autres professions face à l’avènement de l’IA. Cependant, dans le domaine de la santé mentale, les enjeux sont bien plus critiques. La superficialité des échanges avec un robot ne peut remplacer la profondeur d’une véritable relation thérapeutique ou amicale. Les dangers d’une dépendance émotionnelle à ces outils sont immenses, menaçant de vider de leur sens les interactions sociales et de créer une génération incapable de tisser des liens authentiques. Il est temps de reconnaître que, malgré les apparences, ChatGPT est loin d’être un ami fiable pour nos adolescents ; il est plutôt un miroir déformant de leurs fragilités, accentuant une solitude déjà préoccupante.






