
L’ombre du manque de pluralisme plane à nouveau sur CNews, la chaîne d’information du groupe Bolloré. Reporters sans frontières (RSF) a, une fois de plus, alerté l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, dénonçant des « manquements flagrants ». Cette action, loin d’être une surprise, fait suite à une annonce de novembre, ravivant une polémique persistante.
La saisine de RSF, un dossier de 112 pages, est une véritable charge juridique et factuelle. Selon Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, elle met en lumière un traitement de faveur édifiant pour la droite et l’extrême droite, tant dans la diversité des intervenants que dans la sélection des sujets. Le constat est sans appel : une poignée de thèmes domine l’antenne, abordés de manière « monolithique », laissant peu de place à la nuance ou aux points de vue divergents.
Pourtant, fin novembre, l’Arcom avait balayé les accusations de RSF, affirmant n’avoir constaté aucun manquement. Une décision qui, loin de clore le débat, a renforcé la détermination de l’organisation. Thibaut Bruttin insiste : les « déséquilibres répétés, intentionnels » sont bien réels et documentés. L’élargissement de la plainte aux mois de janvier et février 2025, ainsi que les enquêtes menées par d’autres médias, tendent à corroborer les allégations de RSF, jetant une lumière crue sur les pratiques de la chaîne.
Cette situation soulève des interrogations profondes sur l’équité de l’information et la responsabilité des médias. CNews, au cœur de cette tourmente, se trouve face à des accusations qui pourraient bien entacher durablement sa réputation.






