
Tandis que les agriculteurs bénéficient d’un soutien politique quasi-unanime, le malaise profond des médecins libéraux est, lui, étrangement ignoré. Une grève historique de dix jours, ponctuée par une manifestation nationale à Paris, révèle l’ampleur d’un mépris politique alarmant. Les professionnels de santé dénoncent des mesures budgétaires jugées destructrices pour leur profession et la santé publique. Pourtant, face à la détresse de ces soignants, l’exécutif reste silencieux, préférant l’écho des tracteurs aux alertes des stéthoscopes.
Les critiques fusent : remise en cause du système conventionnel, baisses tarifaires unilatérales, restriction du cumul emploi-retraite, et l’obligation d’utiliser le dossier médical partagé (DMP) sous menace de sanctions. Ces décisions, votées en catimini juste avant Noël dans le budget de la Sécurité sociale 2026, étranglent l’exercice libéral et menacent directement l’accès aux soins. La France rurale, déjà touchée par la désertification médicale, risque de voir la situation s’aggraver, sacrifiée sur l’autel d’une gestion budgétaire aveugle.
Le contraste avec le traitement réservé aux agriculteurs est saisissant. En un mois, ces derniers ont récolté le soutien inconditionnel des partis, des parlementaires et même du Premier ministre. Pendant ce temps, les médecins se heurtent à un mur d’indifférence, voire d’hostilité. Certains estiment que la gauche les voit comme des « nantis », la droite comme des « fossoyeurs de l’économie », et les centristes comme un mélange des deux. Cette fracture grandissante entre le corps médical et le pouvoir politique ne peut qu’engendrer une dégradation inévitable de notre système de santé.






