
Malgré les timides concessions gouvernementales, la coupe est pleine pour les transporteurs routiers. Le rabais de 20 centimes par litre de gazole, jugé dérisoire, n’a manifestement pas suffi à éteindre la flamme de la révolte. L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), fer de lance des petites et moyennes entreprises du secteur, maintient sa mobilisation, promettant un week-end et une semaine de perturbations majeures à travers l’Hexagone.
La pilule est amère : alors que le gouvernement claironne des mesures censées amortir le choc de la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient, les routiers dénoncent un pansement sur une hémorragie. Jean-Marc Rivera, délégué général de l’OTRE, a été catégorique : « Aucune action ne sera levée. » Le coup de pouce de 50 millions d’euros pour les TPE et PME en difficulté sonne creux face à l’ampleur des hausses.
Dès ce samedi, l’Auvergne-Rhône-Alpes a été le théâtre des premières actions, avec des perturbations attendues à Lyon et Clermont-Ferrand. L’Île-de-France se prépare à une opération escargot paralysante sur le périphérique parisien dès lundi, 9 heures. Les jours suivants verront la contestation s’étendre aux Pays de la Loire, à la Nouvelle-Aquitaine, à l’Occitanie et à la région PACA, où la puissante Fédération nationale des transports routiers (FNTR) rejoindra le mouvement. Une escalade qui risque de plonger un peu plus le pays dans le chaos logistique et d’asphyxier l’économie déjà fragilisée. La détermination des routiers met en lumière l’échec du gouvernement à réellement apaiser la colère grandissante face à l’inflation galopante.






