
Le drame de Crans-Montana, où un incendie dévastateur a causé une quarantaine de morts et 115 blessés, met cruellement en lumière les graves lacunes de la Suisse en matière de gestion de crise. Le pays, submergé par l’afflux de grands brûlés, a été contraint d’implorer l’aide de l’Union Européenne, exposant ainsi une préparation manifestement insuffisante face à une catastrophe de cette ampleur.
Le président du Conseil d’État valaisan, Mathias Reynard, a lui-même admis une situation «extrêmement tendue» dans les hôpitaux, un euphémisme qui masque une réalité bien plus sombre : l’incapacité d’un État prospère à prendre en charge ses propres citoyens en cas de coup dur. La «solidarité» tant vantée se transforme en un aveu d’échec, les victimes devant être transférées vers des pays voisins comme la France, l’Italie ou l’Allemagne, faute de structures adaptées sur le territoire helvète.
Le constat est accablant : la Suisse ne dispose que de deux pôles nationaux pour les grands brûlés, une infrastructure dérisoire face à l’éventualité d’une crise sanitaire majeure. Ce manque criant de moyens et de planification stratégique soulève des questions inquiétantes sur la capacité du pays à protéger sa population. L’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne n’est pas seulement un acte de solidarité, mais un rappel cinglant des fragilités inattendues d’une nation qui se croyait à l’abri des catastrophes.







