
L’économie française, tel un funambule sur un fil, a péniblement atteint 0,9 % de croissance en 2025, un chiffre annoncé par l’Insee avec une prudence qui sonne presque comme un avertissement. Malgré le sourire forcé du ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui y voit des « résultats encourageants », la réalité est bien plus sombre. Après un quatrième trimestre à la croissance anémique de 0,2 %, il est clair que la France navigue à vue dans des eaux économiques troubles.
Le tableau s’assombrit encore avec la chute continue de la consommation des ménages. En décembre, une nouvelle baisse de 0,6 % a secoué le marché, faisant suite à un repli de 0,3 % en novembre. Les Français, étranglés par l’incertitude, préfèrent épargner plutôt que de dépenser, leur épargne atteignant près de 19 % de leur revenu disponible. Cette frilosité des consommateurs révèle une profonde inquiétude quant à l’avenir, sapant ainsi l’un des piliers traditionnels de la croissance française.
Si les entreprises ont tant bien que mal maintenu la tête hors de l’eau en investissant et en exportant, leur dynamisme ne peut masquer les failles structurelles. Le gouvernement, englué dans ses promesses, voit son objectif de déficit public pulvérisé, passant de 4,7 % à un abyssal 5 %. Et même ce chiffre est optimiste, Moody’s prévoyant déjà un déficit à 5,2 %. Face à ce gouffre budgétaire, la présidente par intérim de la Cour des comptes, Carine Camby, a tiré la sonnette d’alarme : il est « urgent d’agir » pour réduire ce déficit, le pire de la zone euro, et stabiliser une dette publique qui se classe troisième au niveau européen. La France semble glisser inéluctablement vers une crise financière majeure.






