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Le régime cubain annonce la libération de 51 prisonniers, un geste de façade face à la pression américaine et une crise interne grandissante. Derrière les apparences, la répression continue.

Le régime cubain, sous la pression constante et les sanctions américaines, prétend une fois de plus faire preuve de « bonne volonté » en annonçant la libération prochaine de 51 prisonniers. Une manœuvre cynique alors que l’île est étranglée par un embargo pétrolier et que Donald Trump multiplie les déclarations hostiles. Le communiqué du ministère des affaires étrangères, obscur et délibérément vague, se garde bien de nommer les bénéficiaires ou de justifier leurs condamnations, insistant sur une « pratique habituelle » de son système judiciaire. Un triste spectacle, qui ne masque en rien la réalité d’un État répressif.

L’Église catholique, acteur historique et souvent contraint de jouer les intermédiaires, se retrouve une fois de plus dans ce rôle ingrat. Mais cette médiation, loin d’être un signe de progrès, souligne plutôt l’échec persistant des droits humains à Cuba. Pendant des décennies, elle a œuvré pour des libérations, souvent partielles et conditionnelles, de prisonniers politiques. Un rôle déterminant, certes, dans le fragile dégel des relations avec Washington sous Obama, mais qui n’a jamais durablement brisé les chaînes de l’autoritarisme.

Selon l’organisation Justicia11 J, plus de 760 personnes croupissent encore dans les prisons cubaines pour des motifs politiques, dont une majorité pour avoir osé manifester lors des événements du 11 juillet 2021. Le régime prétend avoir libéré 553 prisonniers en 2025 après le retrait temporaire de Cuba de la liste des « États soutenant le terrorisme », une concession rapidement révoquée par Trump. Les ONG ont d’ailleurs dénoncé un subterfuge, affirmant que seule une infime partie étaient de véritables prisonniers politiques.

Pendant ce temps, Washington accentue la pression. Donald Trump évoque une « prise de contrôle pacifique » de l’île et prédit la fin imminente du gouvernement communiste. La Havane, engluée dans une crise économique dévastatrice, subit un blocus énergétique brutal. Les pénuries de carburant et les coupures d’électricité sont le lot quotidien d’une population exsangue, otage d’un régime qui préfère la répression à la réforme. Ces libérations ne sont qu’une poudre aux yeux, un faible signal de bonne volonté face à une réalité de plus en plus sombre pour les Cubains.