Child-abuse-injustice
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a admis l'échec de la justice face aux violences sur mineurs, appelant à une «révolution» après des peines jugées trop clémentes.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a livré une admission consternante : la justice française est incapable de protéger efficacement les enfants victimes de violences. Face à l’indignation générale, notamment après des réquisitions jugées scandaleusement clémentes contre un animateur pédophile, Darmanin appelle à un « réveil collectif », sonnant comme un aveu d’impuissance et un report de responsabilité sur la société. Une révolution serait nécessaire pour que la parole des enfants soit enfin entendue et que les peines soient à la hauteur de ces crimes odieux. Mais à quel prix, et après combien de drames supplémentaires ?

Les faits sont alarmants : trois ans de prison, dont un seul ferme sous bracelet électronique, pour des agressions sexuelles sur des enfants d’école maternelle. Une décision qui a provoqué la fureur des parents, exigeant une incarcération immédiate. Darmanin, pris au piège de ses propres déclarations, affirme ne pas vouloir commenter une affaire individuelle, mais concède avoir déjà interpellé les procureurs pour une « très grande sévérité ». Une injonction qui semble, de toute évidence, rester lettre morte face à la laxité du système.

Le ministre a dénoncé, avec un certain cynisme, le fait que « nous traitons mal ces violences » et que la parole de l’enfant est « pas assez écoutée », osant même parler d’un « MeToo de l’enfance » qui ne ferait que « commencer ». Un constat accablant qui souligne la défaillance chronique des institutions censées protéger les plus vulnérables. La promesse d’une « liste noire » pour les personnels ayant eu des comportements inappropriés à l’école, annoncée par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, semble bien dérisoire face à l’ampleur du problème et à l’urgence de réformes profondes et immédiates.