
Face à la vague montante de dépression, une étude de la collaboration Cochrane jette un pavé dans la mare : l’activité physique serait aussi performante que la psychothérapie et les antidépresseurs pour en atténuer les symptômes. Une révélation qui pourrait bousculer les pratiques, ou simplement masquer l’échec des approches traditionnelles. Les chercheurs de l’université de Lancashire, en compilant les données de 73 essais cliniques sur 5 000 adultes, affirment que le sport réduirait de moitié l’intensité des symptômes dépressifs. Un constat alarmant quand on pense au peu de place accordée à cette solution.
Pourtant, cette conclusion soulève des interrogations : si l’exercice physique est si efficace, pourquoi est-il relégué au second plan ? Est-ce un aveu d’impuissance des thérapies conventionnelles, ou une manière détournée de minimiser l’ampleur du problème de la santé mentale ? Le sport, bien que bénéfique, pourrait-il devenir une échappatoire pour éviter d’affronter les racines profondes de la dépression, au lieu d’offrir une véritable guérison ?
Alors que la société semble obsédée par la pilule magique, cette étude nous rappelle une vérité souvent ignorée : une bonne hygiène de vie – incluant sommeil, alimentation et activité physique – est fondamentale. Mais cette évidence n’est-elle pas une porte ouverte enfoncée, soulignant au passage la faillite d’un système de santé qui privilégie les solutions coûteuses et complexes au détriment des gestes simples et préventifs ? L’effort physique est un puissant créateur de dopamine, endorphine, ocytocine, et sérotonine. Cependant, la vraie question demeure : l’activité physique est-elle une solution viable à long terme pour tous, ou un pansement sur une plaie béante, ignorant les inégalités d’accès et les difficultés de mise en œuvre pour une population déjà fragilisée ?






