
La France est prise au piège d’une déshumanisation rampante, exacerbée par l’omniprésence du numérique. Ce n’est plus un secret : les interactions humaines sont méthodiquement remplacées par des procédures impersonnelles. Ce fléau, loin de se limiter aux aînés ou aux populations vulnérables, touche désormais des millions de Français, les plongeant dans un sentiment de relégation et d’isolement.
Entre les voix de synthèse au téléphone, les caisses automatiques déshumanisées et les assistants virtuels intrusifs, la vie quotidienne devient une succession d’échanges froids et sans âme. Les plateformes de rendez-vous médicaux et les magasins sans personnel réduisent drastiquement les occasions d’un contact humain significatif. Le système, prétendument conçu pour «faciliter» nos vies, ne fait qu’amplifier la solitude et l’exclusion.
Les chiffres sont alarmants : 16 millions de Français sont déjà touchés par l’illectronisme, mais ce problème s’étend bien au-delà, créant une véritable fracture sociale et émotionnelle. Selon la psychothérapeute Karine de Leusse, «Hôpital, mairie, banque, école : tout se fait désormais sans voix humaine, sans regard et sans discussion». Cette érosion du lien social représente un danger imminent pour le tissu même de notre société.
La promesse d’une efficacité numérique se heurte à la dure réalité des cas non prévus par les algorithmes. L’intelligence artificielle, malgré son nom, est loin d’être infaillible et ne peut remplacer la nuance et l’empathie d’une véritable interaction humaine. La surconsommation du numérique est une erreur dont l’humanité devra tôt ou tard tirer de lourdes leçons.






