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Le gouvernement français, sous la direction de Sébastien Lecornu, prévoit de financer son plan d'électrification de l'économie en utilisant les "surplus" des recettes fiscales sur les carburants, une mesure qui pourrait intensifier la pression sur les contribuables. Un pari risqué pour une transition rapide et coûteuse.

Le gouvernement français, sous la houlette de Sébastien Lecornu, s’engage dans une course effrénée vers l’électrification de l’économie, un projet dont le financement pourrait bien retomber sur les contribuables. Mercredi 1ᵉʳ avril, des instructions ont été données pour identifier les actions prioritaires visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures, avec une idée choc : utiliser les « surplus » des recettes fiscales sur les carburants pour financer cette transition. Une mesure qui ressemble étrangement à une justification a posteriori des hausses de prix.

David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics, a été sommé de « travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales liés à la hausse du prix des carburants » afin de soutenir ce plan d’électrification. En d’autres termes, les Français qui subissent déjà la flambée des prix à la pompe pourraient voir une partie de cet argent servir à financer des initiatives gouvernementales, un véritable tour de passe-passe budgétaire qui ne manquera pas de susciter la colère.

Le gouvernement promet de présenter son plan d’électrification la semaine prochaine, avec l’ambition de faire chuter la dépendance aux énergies fossiles importées de 60 % à 40 % d’ici 2030. Un objectif ambitieux, mais qui semble reposer sur des bases financières précaires et une vision hâtive, notamment en ce qui concerne l’électrification des transports et l’équipement des bâtiments en pompes à chaleur. Le premier ministre insiste sur l’urgence, affirmant que la question ne serait « plus que climatique », mais toucherait désormais à l’« intérêt national ».

Les ministres ont jusqu’au 8 avril pour rendre leurs copies, un délai irréaliste pour des décisions d’une telle ampleur. Roland Lescure, ministre de l’économie, est chargé de planifier cette sortie de dépendance avec des échéances en 2030 et 2035, et doit même mettre en place une offre de location de véhicules électriques pour certaines professions. Une mesure qui sonne comme un pansement sur une jambe de bois pour des travailleurs déjà étranglés par la crise. Les financements alternatifs mobilisés auprès d’acteurs institutionnels comme la Caisse des dépôts et consignations ou le monde bancaire pour aider des secteurs comme les boulangers à électrifier leurs fours, soulèvent également des questions quant à la viabilité à long terme de ces aides.

Entre décarbonation des mobilités routières dans des territoires « pilotes » et sortie du gaz dans les logements neufs, l’ensemble du projet s’annonce comme une série de contraintes supplémentaires pour les citoyens et les entreprises, avec une suspicion grandissante que ce sont, in fine, les ménages qui paieront le prix fort de cette transition imposée.