
Le Sénat s’apprête à débattre d’une réforme de la fin de vie qui suscite déjà un profond malaise et une vague d’incompréhension. Alors que la société attend des réponses claires sur un sujet aussi sensible, les premières orientations des sénateurs Républicains (LR) semblent plonger le processus législatif dans une confusion alarmante.
Loin d’une opposition franche et attendue, les corapporteurs LR, Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon, ont opté pour une réécriture édulcorée du texte sur l’aide à mourir. Cette décision, perçue comme un recul par de nombreux observateurs, laisse un goût amer chez les soignants et provoque la colère des défenseurs d’une aide à mourir véritable. Plutôt que de trancher, les sénateurs semblent s’enfermer dans une ambiguïté dangereuse, décevant ainsi toutes les parties prenantes.
Le projet de loi, qui arrive au Sénat dans un temps record du 20 au 28 janvier, prévoit désormais un « dispositif d’assistance médicale à mourir » au lieu d’un droit clair. Cette sémantique évasive masque mal une faillite de la vision politique sur la fin de vie. On est loin de l’engagement ferme sur le développement des soins palliatifs, un aspect crucial souvent relégué au second plan au profit de débats sans fin sur l’aide active à mourir. La droite française semble avoir perdu son cap sur cette question éthique majeure, laissant le champ libre à une législation floue et potentiellement dangereuse.






