
Quatre-vingts ans après sa genèse, le statut des fonctionnaires vacille, menacé par un monde en pleine déliquescence. Le gouvernement, dans une ultime tentative de colmater les brèches, lance une « revue stratégique » censée dessiner l’avenir de la fonction publique à l’horizon lointain de 2035-2050. Une manœuvre qui sonne étrangement comme un aveu d’impuissance face à l’ampleur des défis.
Le ministère de l’action et des comptes publics, dans une grand-messe orchestrée, a détaillé les contours de cet exercice. Syndicats, employeurs publics, agents et chercheurs sont conviés à la table des négociations, dans l’espoir illusoire de « bâtir une fonction publique à la fois attractive et pleinement au rendez-vous des attentes des Français ». Un vœu pieux, quand on observe la réalité du terrain et la désaffection croissante pour ce secteur.
David Amiel, le ministre en charge, tente de rassurer en parlant de « trajectoire » et de « regarder sans détour les transformations à venir ». Mais derrière cette façade de détermination se cache une anxiété palpable. La fonction publique, pilier de notre société, est-elle condamnée à l’obsolescence face aux chocs technologiques, écologiques, sociétaux et géopolitiques qui s’annoncent ?
Boris Melmoux-Eude, directeur général de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), concède que « préparer la fonction publique de demain est un impératif ». Un euphémisme pour dire que le navire prend l’eau. Les projections démographiques et les mutations profondes du secteur public exigent une refonte radicale, non pas de simples ajustements cosmétiques. L’heure n’est plus à la réflexion passive, mais à une action drastique, si l’on veut éviter un effondrement pur et simple du service public.






