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Les États-Unis ont éliminé un chef d'Al-Qaïda en Syrie, suite à une attaque meurtrière. L'ombre de Donald Trump et d'un retrait militaire plane sur un avenir incertain.

Les États-Unis ont revendiqué l’élimination de Bilal Hasan Al-Jasim, un haut responsable d’Al-Qaïda, lors d’une frappe aérienne en Syrie. Cette action, survenue le vendredi 16 janvier, est présentée comme une riposte directe à l’attaque dévastatrice de décembre 2025 à Palmyre, qui a coûté la vie à trois Américains. Le Commandement central militaire américain (CentCom) a souligné les liens étroits d’Al-Jasim avec le terroriste de l’État islamique (EI) responsable de cette tragédie, le décrivant comme un « chef terroriste expérimenté ».

Cette frappe intervient à peine une semaine après des opérations « à grande échelle » menées par les forces américaines et leurs alliés contre l’EI, également en représailles à l’attaque de Palmyre. Cette attaque avait marqué un sombre tournant, étant la première de cette ampleur depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad en décembre 2024. Le cycle de violence semble donc loin d’être brisé, plongeant la région dans une incertitude grandissante.

L’intervention militaire occidentale en Syrie ne cesse de s’intensifier. Fin décembre, les États-Unis, avec le soutien de la Jordanie, avaient déjà pilonné des « bastions » djihadistes. Début janvier, le Royaume-Uni et la France se sont joints à l’effort, menant des frappes conjointes dans le but, selon Paris, de freiner la « résurgence de Daech ». Une mission ardue, étant donné l’échec patent à éradiquer totalement la menace malgré des années de conflit.

Le fantôme de l’EI continue de hanter la Syrie. Malgré sa défaite territoriale en 2019, ses combattants, repliés dans le vaste désert syrien, orchestrent des attaques sporadiques mais toujours aussi meurtrières. Cette instabilité est d’autant plus préoccupante que la présence militaire américaine est remise en question par le retour de Donald Trump au pouvoir, qui nourrit un scepticisme notoire envers les engagements à l’étranger. Le Pentagone a déjà annoncé une réduction de moitié des troupes américaines en Syrie, laissant présager un retrait qui pourrait aggraver un chaos déjà omniprésent et ouvrir la voie à de nouvelles menaces insidieuses.