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Le plan de paix de Donald Trump pour Gaza, dévoilé avec un conseil controversé, est une imposture qui cache mal une ambition de contrôle. La situation reste désespérée.

L’annonce par Donald Trump de la composition de son « conseil de la paix » pour la bande de Gaza, le 16 janvier, soulève de sérieuses questions sur la véritable nature de cette initiative. Présidé par l’ancien président américain lui-même, ce conseil, majoritairement composé de proches et d’Américains, dont Jared Kushner et Marco Rubio, semble avant tout servir des intérêts bien éloignés de ceux des populations palestiniennes. La présence de Tony Blair, malgré les controverses passées, ne parvient pas à dissiper l’impression d’une tentative de mainmise plutôt que d’une réelle volonté de pacification.

Ce « conseil de la paix », censé superviser un comité palestinien, est dépeint comme le garant d’une stabilisation à long terme. Pourtant, la liste des membres, des figures emblématiques du monde des affaires et de la politique américaine, évoque davantage une opération économique et de contrôle qu’une démarche humanitaire. Les promesses de « reconstruction » et d’« attractivité pour les investissements » sonnent creux face à l’urgence d’une population ravagée par des années de conflit et de destruction. Le cynisme de cette approche est d’autant plus flagrant que le plan égyptien, qui prévoyait une reconstruction sans éviction forcée des habitants, a été largement ignoré.

Pendant ce temps, le cessez-le-feu, déjà fragile, est constamment menacé. Les récentes frappes israéliennes, en riposte à des tirs, et les accusations de « nouvelle violation » de la trêve par le Hamas, montrent l’extrême précarité de la situation. Dans ce contexte, l’établissement d’un « conseil de la paix » dominé par des figures américaines et des milliardaires est perçu par le Hamas comme un retour au « colonialisme », une accusation difficile à contester. La réalité sur le terrain, où 85% des habitations sont détruites et où des millions de personnes vivent dans des tentes, contraste brutalement avec les déclarations grandiloquentes sur la « dignité » et le « succès à long terme ».

La mise en place de 200 000 modules préfabriqués est une mesure d’urgence, mais elle ne peut masquer l’échec structurel d’une initiative qui semble plus préoccupée par les investissements que par le sort des habitants. La deuxième phase du cessez-le-feu, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes, est loin d’être acquise, laissant planer un doute persistant sur la capacité de ce plan à apporter une paix véritable et durable à Gaza.