
Trois ans après le terrible accident de Tempé, le procès de 36 accusés, dont d’anciens cadres des chemins de fer grecs, s’est ouvert à Larissa dans une atmosphère de colère palpable. Cet événement tragique, survenu le 28 février 2023, a vu la collision frontale de deux trains, causant la mort de 57 personnes et révélant des défaillances systémiques effroyables au sein du réseau ferroviaire grec.
La cour est confrontée à la lourde tâche de démêler les responsabilités dans cet accident où un train de marchandises et un convoi de passagers ont circulé sur la même voie pendant plus de dix minutes, sans qu’aucune alarme ne se déclenche. Les témoignages des parents de victimes sont déchirants, beaucoup affirmant que leurs enfants n’ont pas succombé au choc initial, mais ont été brûlés vifs, une allégation qui met en lumière des lacunes potentielles dans l’enquête.
« Nous assistons à une mascarade, mais notre voix ne s’éteindra pas », a martelé Maria Karystianou, mère d’une victime, dénonçant l’absence d’enquête approfondie sur les décès par incinération. Cette tragédie a mis en lumière des années de négligence et de mauvaise gestion des infrastructures ferroviaires, malgré des fonds européens substantiels alloués pour leur modernisation. La colère est telle qu’une grève des cheminots a paralysé le pays, transformant ce procès en un symbole de la lutte pour la justice.
Parmi les accusés figurent des chefs de gare, dont Vassilios Samaras, peu expérimenté et interpellé dès le lendemain du drame, ainsi que des cadres de l’Organisme des chemins de fer grecs et des responsables de la compagnie Hellenic Train. L’absence notable de responsables politiques sur le banc des accusés continue d’alimenter la rancœur, le gouvernement étant accusé de vouloir masquer certaines responsabilités. Pire encore, des preuves cruciales auraient été perdues, le site de la collision ayant été rasé au bulldozer quelques jours seulement après l’accident, jetant une ombre supplémentaire sur la transparence de l’enquête.








