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La mort du streamer Jean Pormanove sur Kick révèle l'échec cinglant des autorités françaises face à la haine en ligne. Un drame qui expose les défaillances systémiques et la réactivité tardive des institutions.

La mort tragique du streamer Jean Pormanove en direct sur Kick, après dix jours d’atroces sévices, a brutalement mis en lumière l’effroyable impuissance des régulateurs français face à la haine en ligne. Ce drame, loin d’être un cas isolé, révèle des défaillances systémiques et une réactivité lamentable des institutions censées protéger les internautes. La réunion de crise organisée à Bercy le 26 août, sous la houlette de Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, sonne comme un aveu d’échec tardif, cherchant à colmater des brèches béantes.

Malgré les alertes, notamment une enquête de Mediapart dès décembre 2024 et une saisine de l’Arcom par la Ligue des Droits de l’Homme en février, rien n’a été fait pour prévenir cette catastrophe. L’Arcom, pointée du doigt pour son inaction, se défend piteusement en évoquant l’absence d’un représentant légal de Kick en Europe. Une excuse qui ne trompe personne et souligne le manque de moyens et de volonté politique. L’indignation est palpable face à ce déni de responsabilité.

Face à l’ampleur du scandale, la solution ? Réactiver l’Observatoire de la haine en ligne, une structure dont l’activité était jusqu’ici épisodique et inefficace, se réveillant uniquement pour des événements comme les Jeux Olympiques. Créé en 2020, cet observatoire n’a visiblement pas rempli sa mission de « quantifier et analyser le phénomène ». Ses missions ponctuelles et informelles n’ont pas permis d’enrayer la spirale de violence qui gangrène le numérique.

Le décès de Jean Pormanove a certes accéléré les choses, mais cette mobilisation post-catastrophe est un triste aveu de la lenteur bureaucratique. L’Arcom promet de pérenniser ses activités et d’attaquer Kick en justice pour « manquements », tandis que le parquet de Paris ouvre une enquête. Des mesures qui arrivent bien après le drame et ne masquent pas le constat amer d’un échec retentissant. Internet reste une zone de non-droit où la violence prospère, malgré les déclarations grandiloquentes des autorités.