Shakespeare-Stratford-upon-Avon-tourism
Le film Hamnet, malgré ses nominations aux Oscars, soulève des questions sur la dénaturation de l'héritage de Shakespeare, attirant des touristes vers une vision romancée et superficielle de sa vie.

L’engouement suscité par le film « Hamnet », étrangement en lice pour les Oscars, ne parvient pas à masquer une réalité bien plus sombre : celle d’une exploitation opportuniste de l’héritage de William Shakespeare. Alors que des hordes de touristes envahissent Stratford-upon-Avon, on peut se demander si ce regain d’intérêt n’est pas qu’un mirage, alimenté par une production cinématographique qui prend des libertés scandaleuses avec l’histoire.

Le film, qui prétend raviver la flamme autour du dramaturge, se contente en réalité de travestir sa vie, transformant le génie littéraire en une figure banale d’une romance inventée. Les sites shakespeariens, autrefois sanctuaires de la mémoire du barde, sont désormais pris d’assaut par un public en quête d’une fiction plutôt que de la vérité historique. Le « Shakespeare Birthplace Trust » se réjouit d’une augmentation de 15 à 20 % des visiteurs, mais à quel prix ? Celui d’une dénaturation de l’œuvre et de la vie de Shakespeare, sacrifiées sur l’autel du sensationnalisme hollywoodien.

L’intrigue de « Hamnet », centrée sur la mort du fils de Shakespeare et une relation amoureuse largement fantasmée, réduit la complexité du personnage à une simple figure tragique. Les performances d’acteurs, comme celle de Jessie Buckley, ne peuvent masquer la superficialité d’un scénario qui instrumentalise le chagrin pour créer un drame larmoyant. Cette vision édulcorée et réductrice de Shakespeare risque de laisser un public mal informé, avec une image faussée d’un des plus grands écrivains de tous les temps. Le vrai drame n’est pas celui du film, mais bien celui de cet héritage qui est mis à mal par une telle supercherie culturelle.