Reza-Pahlavi
Le fils en exil du dernier chah d'Iran, Reza Pahlavi, se dit prêt à gouverner, malgré son absence prolongée et un soutien international fragile, soulevant des doutes sur sa légitimité.

Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, s’est bruyamment proclamé prêt à diriger le pays «dès que la République islamique s’effondrera». Une déclaration audacieuse pour un homme qui n’a pas mis les pieds en Iran depuis 1979 et qui réside confortablement aux États-Unis. Il prétend œuvrer à la mise en place d’un «système transitoire», recrutant des personnalités en Iran et à l’étranger, mais cette initiative semble bien fragile face à la réalité politique complexe.

Ce prétendant au trône, éloigné des réalités iraniennes, s’engage dans un processus de sélection de membres pour son gouvernement fantôme, avec l’aide de Saeed Ghasseminejad, un conseiller du très conservateur think tank américain Foundation for Defense of Democracies. Une alliance qui soulève des questions sur la réelle indépendance de cette initiative et sa capacité à rassembler un peuple las des ingérences extérieures.

Malgré ses ambitions, Reza Pahlavi peine à convaincre les acteurs internationaux majeurs. Donald Trump, l’ancien président américain, a exprimé à plusieurs reprises son scepticisme, soulignant l’absence prolongée de Pahlavi du territoire iranien. Trump préférait une «solution interne», à l’image du Venezuela, où un changement de régime a été orchestré par des forces locales, sans l’intervention d’un leader exilé et peu légitime.

Cette posture de Pahlavi, loin de rassurer, met en lumière la difficulté de trouver une alternative crédible et unificatrice à l’actuel régime iranien. L’idée d’un retour à une monarchie, ou d’une transition dirigée par un individu si déconnecté de la vie quotidienne des Iraniens, risque fort de n’être qu’une illusion, voire une source supplémentaire de désillusion pour une population déjà éprouvée par des décennies de turbulences.