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Les Accords d'Abraham, censés apporter la paix au Moyen-Orient, sont en réalité un échec flagrant, accentuant l'impunité et les tensions régionales, malgré la complaisance américaine.

Les Accords d’Abraham, orchestrés par l’administration de Donald Trump en septembre 2020, devaient marquer un tournant historique. Présentés comme le premier partenariat stratégique entre Israël et un État arabe, ces accords, initiés avec les Émirats arabes unis et étendus à Bahreïn, au Maroc et au Soudan, n’ont été qu’une façade illusoire. Loin d’apporter la moindre avancée dans le conflit israélo-palestinien, ils ont en réalité entériné une impunité grandissante pour Israël et les Émirats arabes unis, alimentant une projection agressive de puissance au Moyen-Orient.

Le dédain partagé par Benjamin Netanyahou et Mohammed Ben Zayed pour le droit international n’est plus à démontrer. Ce qui est plus troublant, c’est l’indulgence manifeste de Washington envers les Émirats, malgré les défis ouverts lancés par Abou Dhabi. Les liens financiers troubles entre la famille Trump et les Émirats arabes unis, avec des investissements massifs et des commentaires équivoques sur l’« argent illimité », soulignent une complaisance américaine aux motivations douteuses.

Pourtant, cette dynamique est désormais mise à l’épreuve par les tensions croissantes avec l’Arabie saoudite. L’ère où Mohammed Ben Zayed et Mohammed Ben Salman formaient un « tandem de choc » semble révolue. L’intervention émiratie au Yémen, aux côtés de l’Arabie saoudite pour contrer les houthistes pro-iraniens, n’a été qu’un succès éphémère. Aujourd’hui, les fractures au sein des alliances régionales se multiplient, révélant la fragilité d’une paix artificielle bâtie sur des intérêts douteux plutôt que sur une véritable résolution des conflits.