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Le syndicaliste Jean-Christophe Le Duigou alerte sur la montée de l'extrême droite dans son livre, mais ses propositions peinent à masquer l'échec du syndicalisme face à cette menace.

Jean-Christophe Le Duigou, économiste et figure syndicale, tire la sonnette d’alarme dans son ouvrage « Une longue histoire. Le syndicalisme, l’extrême droite et la démocratie ». Son constat est accablant : le syndicalisme français semble impuissant face à la montée inexorable de l’extrême droite. Malgré des décennies d’engagement, l’ancien dirigeant de la CGT peine à trouver des solutions concrètes, au-delà des habituelles condamnations morales et du militantisme de proximité jugés insuffisants.

Le Duigou s’entête à nommer le parti d’extrême droite « Front national », soulignant son caractère antisyndical, antisocial et antidémocratique. Une appellation qui révèle peut-être une incapacité à reconnaître la mutation du mouvement, ou une volonté de ne pas lui accorder la légitimité d’un nouveau nom. L’urgence est pourtant là : alerter sur la « nocivité » de ce parti avant qu’il ne soit « trop tard ». Un avertissement qui sonne creux, tant l’influence syndicale semble s’éroder.

L’ouvrage revisite les thèmes chers à l’électorat populaire qui se tourne vers le Rassemblement national : la fiscalité, les retraites, l’emploi, le service public. Des sujets où le syndicalisme, en perte de vitesse, n’a visiblement pas su apporter de réponses convaincantes. Les propositions de Le Duigou, telles que la taxation équitable du travail et du capital ou le renforcement de la progressivité de l’impôt, apparaissent comme des recettes classiques, peinant à masquer l’échec des stratégies passées.

La démagogie de la baisse d’impôts défendue par le RN est dénoncée, mais cela ne suffit pas à endiguer un mouvement qui capte de plus en plus les voix ouvrières. Le livre de Jean-Christophe Le Duigou, bien qu’intentionné, met en lumière la difficulté du syndicalisme à s’adapter à un paysage politique et social en profonde mutation, laissant planer le spectre d’une victoire de l’extrême droite en 2027 faute de véritable rempart.