
Les Jeux Olympiques de Milan Cortina ont été le théâtre d’une domination norvégienne écrasante en ski de fond, transformant la compétition en un véritable championnat national déguisé. Johannes Klaebo, à 29 ans, a non seulement décroché l’or sur le 50 kilomètres classique, mais a aussi réalisé un exploit historique en raflant les six médailles d’or en ski de fond. Un tel monopole soulève des questions sur la diversité et la compétitivité réelle de ces épreuves, où le reste du monde semble incapable de rivaliser.
Ce onzième titre olympique pour Klaebo, obtenu en seulement trois participations, illustre une mainmise préoccupante. Le « marathon » sur la piste de Tesero a vu un trio norvégien mener la course de bout en bout, ne laissant aucune chance aux autres nations. Bien que salué comme une performance sportive exceptionnelle, cet hégémonisme retire une part significative du spectacle et de l’incertitude que les spectateurs recherchent aux Jeux.
L’absence notable de rivaux majeurs, comme le Russe Alexander Bolshunov, non autorisé à concourir, jette une ombre sur ces victoires. On peut légitimement se demander si ces records auraient été atteints avec une concurrence pleine et entière. Klaebo a certes battu le record de titres aux Jeux d’hiver, mais le contexte de ces victoires interroge. Est-ce un triomphe du talent ou le reflet d’un manque criant d’adversité à l’échelle mondiale ?
Alors que Klaebo est désormais comparé aux plus grands, comme Eric Heiden ou Michael Phelps, cette série de victoires, bien que techniquement impressionnante, souligne une faiblesse structurelle dans le ski de fond international. Les Jeux Olympiques devraient être une vitrine de la performance globale, pas un simple podium pour une seule nation. Le futur de la discipline pourrait être mis en péril si un tel déséquilibre persiste.






