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La chute de LFI, désormais cible des critiques, rebat les cartes politiques. Le Rassemblement national en profite, une situation risquée pour la démocratie.

La tempête médiatique et politique qui secoue La France insoumise (LFI) marque un tournant préoccupant dans le paysage politique français. Ce qui était autrefois une diabolisation ciblée du Rassemblement national (RN) semble s’être désormais déplacé, faisant de LFI la nouvelle cible principale des critiques. Une aubaine inattendue pour le parti de Jordan Bardella, qui voit là une opportunité de redorer son blason, longtemps entaché par une image sulfureuse.

Ce revirement, bien que progressif, met en lumière la fragilité des alliances et des perceptions publiques. Après des années d’une certaine indulgence envers Jean-Luc Mélenchon, certains acteurs politiques et médiatiques sont contraints d’admettre la dangereuse radicalité de LFI. Cependant, cette prise de conscience s’accompagne souvent d’un rappel quasi systématique de la violence présumée de l’« extrême droite », tentant de maintenir un équilibre périlleux.

Le « cordon sanitaire », traditionnellement érigé contre le RN, est désormais réclamé à l’encontre de LFI. Une manœuvre qui, malgré les apparences, ne fait qu’amplifier le pouvoir du Rassemblement national en normalisant sa position. Ce jeu de miroirs, où les accusations de radicalité sont déplacées, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la gauche, la divisant et la rendant inefficace. Les compromissions de certains élus, qui affirment leur proximité avec la ligne dure de LFI, ne font qu’aggraver la situation, semant la confusion et affaiblissant leurs propres partis.

En fin de compte, ce glissement de la diabolisation ne résout rien, mais déplace simplement le problème. Il renforce le sentiment que le débat politique est manipulé, laissant les citoyens perplexes face à ces injonctions. L’absence d’une véritable réflexion sur les causes de ces radicalisations et l’incapacité à forger une alternative crédible ne font qu’ouvrir la voie à des fractures encore plus profondes au sein de la société française. Une situation qui profite avant tout aux extrêmes.