
Le Liban s’enfonce dans une impasse périlleuse alors que le ministre de l’Information, Paul Morcos, annonce un délai illusoire de « quatre mois » pour désarmer le Hezbollah au sud du pays. Ce calendrier, soumis à d’innombrables aléas – capacités limitées, attaques israéliennes et obstacles imprévus – sonne déjà comme un échec programmé. La première phase, prétendument achevée, n’a manifestement rien résolu, laissant présager le pire pour la seconde, qui vise une zone cruciale au nord du fleuve Litani.
Le gouvernement libanais, affaibli et déchiré, s’est engagé à désarmer le puissant Hezbollah pro-iranien, pourtant sorti amoindri d’un conflit récent avec Israël. Une promesse vaine, car le mouvement islamiste refuse catégoriquement de céder ses armes, défiant ainsi ouvertement l’autorité de l’État. Pendant ce temps, Israël, loin de respecter le cessez-le-feu, maintient son occupation sur des points stratégiques libanais, accusant le Hezbollah de se réarmer et jugeant l’armée libanaise incapable d’assurer la sécurité.
La situation est exacerbée par les déclarations incendiaires du chef du Hezbollah, Naïm Qassem, qui qualifie la tentative de désarmement de « péché grave » et un service rendu à « l’agression israélienne ». Selon lui, les « concessions successives » de Beyrouth sont responsables des attaques persistantes d’Israël. Une rhétorique qui jette une ombre sinistre sur toute perspective de paix et de stabilité.
Même la visite du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, n’a fait que souligner l’ampleur du problème. Son appel au désarmement du Hezbollah en échange d’un retrait israélien semble ignorer la réalité complexe sur le terrain. Le président libanais, Joseph Aoun, se contente de réclamer l’aide de l’Allemagne, espérant un soutien pour une armée en déroute et un rôle « essentiel » après le départ des casques bleus, un vœu pieux face à l’ampleur du désastre annoncé.






