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Malgré un cessez-le-feu censé apporter la paix, Israël maintient une emprise implacable sur le Sud-Liban, transformant la région en zone tampon dépeuplée et sous surveillance constante.

Malgré un cessez-le-feu censé mettre fin à des mois de conflit dévastateur entre Israël et le Hezbollah, la réalité sur le terrain au Sud-Liban est bien plus sombre. L’État hébreu, loin de respecter ses engagements, maintient une emprise écrasante sur la région, transformant un accord de paix en une illusion amère pour les populations locales.

L’histoire de cette région est une litanie de déchirements. Dès 1923, l’accord Paulet-Newcombe amputait le Liban du « Doigt de Galilée », un prélude à des décennies de convoitises territoriales. Les invasions israéliennes de 1978 et 1982 ont marqué le début d’une occupation brutale, culminant avec les massacres de Sabra et Chatila, des cicatrices indélébiles dans la mémoire collective.

Le retrait israélien en 2000, présenté comme une victoire, n’a été qu’un répit éphémère. La « ligne bleue », censée délimiter les frontières, est restée une source de contentieux, notamment autour des Fermes de Chebaa, véritable poudrière géopolitique. La guerre de 2006, qui a vu le Hezbollah défier la supériorité militaire israélienne, a confirmé la fragilité d’une paix imposée.

Les événements de 2024, suite à l’attaque du Hamas, ont plongé la région dans un nouveau cycle de violence. L’opération « Flèches du Nord », avec ses milliers de morts et l’élimination de Hassan Nasrallah, a été un coup de massue pour le Liban. Le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, négocié par les États-Unis, s’est avéré être un leurre. Israël maintient une « occupation technologique » par drones, détruisant systématiquement les infrastructures et empêchant le retour des habitants dans leurs foyers.

L’annonce par l’armée libanaise du désarmement du Hezbollah entre le Litani et la « ligne bleue » semble dérisoire face à la réalité des faits. Israël, défiant toutes les résolutions, conserve cinq positions stratégiques, érige des murs de béton et contrôle la région à distance. Le Sud-Liban est devenu une zone tampon dépeuplée, sous la menace constante d’une puissance qui ne recule devant rien pour assurer ses « impératifs sécuritaires », au détriment de toute humanité.