
La loi sur la fin de vie s’enlise dans des débats houleux au Sénat, où la commission des affaires sociales a voté des amendements qui risquent de **vider le texte de sa substance**. Loin d’offrir une véritable avancée, ces modifications limitent drastiquement l’accès à l’aide à mourir, ne la réservant qu’aux patients en « toute fin de vie », excluant ceux en « phase avancée » de leur maladie. Une distinction floue qui promet de nouvelles souffrances et de l’incertitude.
Les rapporteurs LR, Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon, affirment vouloir une loi « pour ceux qui vont mourir », non « pour ceux qui veulent mourir ». Une rhétorique qui cache mal une **volonté de freiner l’autonomie des patients**. Christine Bonfanti-Dossat déclare un « non franc à l’aide à mourir tel que le propose l’Assemblée Nationale », tandis qu’Alain Milon évoque une simple « amélioration de la loi Claeys-Leonetti ». Ces prises de position traduisent une **frilosité politique** face à une question sociétale majeure, laissant des milliers de personnes face à des fins de vie insupportables.
Certains critiques s’alarment déjà des dérives potentielles. La légalisation de l’euthanasie, même encadrée, pourrait pousser des patients à se sentir coupables de ne pas vouloir mourir, ou pire, à subir des pressions pour écourter leur existence, notamment pour des raisons financières. Les témoignages de pressions exercées par le corps médical pour des arrêts prématurés de soins sont déjà nombreux. Cette nouvelle loi, loin d’apporter la sérénité, risque de **complexifier davantage un chemin de vie déjà semé d’épreuves**, et de laisser les patients et leurs familles dans une détresse encore plus profonde, face à des décisions impossibles et des souffrances évitables.






