Saone-River-swimming-pool
La nouvelle piscine fluviale de Lyon, un projet ambitieux, soulève des doutes sur sa viabilité financière et environnementale. Coûts potentiellement sous-estimés, défis de maintenance et risques sanitaires interrogent l'efficacité de cette initiative face au changement climatique. Un gouffre financier en perspective pour les Lyonnais ?

La promesse audacieuse d’une piscine fluviale dans la Saône, portée par la majorité écologiste lyonnaise, soulève déjà des inquiétudes majeures. Alors que le vote du conseil municipal confiera à la SPL Confluence l’aménagement de 1500 m² de bassins, on peut légitimement se demander si ce projet ne va pas se transformer en un véritable fiasco financier et environnemental. Prévue pour l’été 2027, cette initiative est présentée comme une solution miracle au réchauffement climatique, mais les détails restent flous et les coûts pourraient exploser.

L’aménagement de trois bassins, dont un dédié au sport, est estimé à deux millions d’euros. Un chiffre qui semble dérisoirement bas au vu de la complexité d’un tel chantier et des normes de sécurité et de qualité de l’eau à respecter. On se souvient des précédents parisiens, souvent sujets à des retards et des dépassements budgétaires. La ville de Lyon, qui vante une diversification de l’offre de baignade, pourrait bien se retrouver face à une addition salée, bien au-delà des prévisions initiales. Les frais de fonctionnement, encore non détaillés, promettent également d’être colossaux pour maintenir la propreté et la surveillance de ces installations en plein fleuve.

La soi-disant « reconquête des fleuves » est un argument marketing, mais la réalité est que la Saône et le Rhône sont des environnements complexes. Malgré les assurances sur la qualité de l’eau et la surveillance, les risques sanitaires et les accidents ne peuvent être écartés. Les « baignades sauvages » que ce projet est censé endiguer sont certes dangereuses, mais l’illusion d’une baignade sécurisée dans un fleuve urbain pose d’autres défis. Plutôt qu’une véritable solution, cette piscine fluviale pourrait n’être qu’un emplâtre sur une jambe de bois, un symbole coûteux d’une ambition mal jaugée face aux véritables enjeux écologiques et sociaux de la ville.