
La volte-face d’Emmanuel Macron sur la situation au Venezuela soulève de sérieuses questions. Après avoir initialement semblé soutenir des méthodes controversées, le président a finalement tenté de redresser le tir, affirmant que la France ne cautionnait pas la « méthode utilisée » pour l’arrestation de Nicolas Maduro. Un revirement salué, bien que tardif, par Dominique de Villepin, qui voit dans le droit international un « garde-fou » indispensable face à la « tentation impériale » grandissante dans le monde.
Mais cette correction suffit-elle ? L’ancien Premier ministre a sévèrement critiqué la première réaction de Macron, la qualifiant de « soumission ». Il n’a pas manqué de rappeler les conséquences désastreuses des choix de violence passés, citant l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, et le Sahel. Un constat accablant qui met en lumière les risques d’une Europe passive face aux dérives internationales.
Villepin déplore avec amertume l’aveuglement de l’Europe, qui persiste à croire en des États-Unis « parfaits alliés ». Il anticipe même des scénarios extrêmes, comme une avancée militaire ou économique de Donald Trump au Groenland, qui pourraient sonner le glas de l’alliance transatlantique et nécessiter des « mesures de rétorsion économique ». Une vision sombre où l’Europe, si elle ne s’affirme pas, risque d’être broyée entre les puissances.
La « bataille de la souveraineté européenne », insiste-t-il, est indivisible, touchant le commercial, le numérique, et la défense. Enfin, l’ombre d’une « poussée impériale » et « illibérale » plane, menaçant non seulement les équilibres géopolitiques mais aussi les fondements démocratiques. Les attaques contre les universités, la science, la jeunesse, la justice et les médias aux États-Unis, avertit Villepin, risquent de se propager inexorablement en Europe. Un sombre tableau pour l’avenir de nos sociétés.






