Mercosur-signing-ceremony
Les députés Verts allemands, sous intense pression, s'apprêtent à soutenir une ratification hâtive de l'accord Mercosur, reniant leurs principes et ouvrant la voie à des conséquences potentiellement désastreuses pour l'environnement et l'économie.

Les députés Verts allemands, jadis champions de la prudence, s’apprêtent à trahir leurs principes en soutenant une ratification hâtive de l’accord commercial du Mercosur. Après avoir semé le doute et récolté l’opprobre en renvoyant le texte devant la Cour de justice de l’Union européenne, ils capitulent sous la pression politique. Cette volte-face, à peine dissimulée, promet de graves conséquences.

Le revirement est spectaculaire et inquiétant. Erik Marquardt, président des Verts allemands au Parlement européen, a annoncé leur soutien à une application provisoire, voire à un vote rapide avant même la décision de la CJUE. Cette précipitation soulève de sérieuses questions sur leur intégrité et leur capacité à résister aux lobbies. Leur objectif initial, prétendument la « sécurité juridique », s’est transformé en un aveu d’échec face aux critiques.

La décision initiale de renvoyer le texte avait été adoptée à une faible majorité, fruit d’une alliance contre-nature avec l’extrême droite, ce qui a provoqué un tollé en Allemagne. L’influence du chancelier conservateur Friedrich Merz et du ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, fervents partisans d’une application rapide, semble avoir eu raison de toute résistance écologiste. Le poids des 12 députés Verts allemands au sein du groupe des Verts/Alliance libre européenne pourrait malheureusement faire pencher la balance vers une catastrophe environnementale et sociale.

Cet accord, vanté pour son potentiel d’exportation de voitures et de machines européennes, ne cache que difficilement le risque d’une inondation du marché européen par des produits agricoles sud-américains, souvent issus de pratiques moins regardantes sur l’environnement et les normes sociales. Les débats intenses sur l’environnement, les normes sociales et l’agriculture sont désormais balayés par une précipitation alarmante. L’Europe semble prête à sacrifier ses valeurs pour un accord dont les bénéfices réels restent à prouver, et dont les coûts écologiques pourraient être irréversibles.