
Le Mexique s’enfonce dans le chaos après l’annonce de la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », leader incontesté du redoutable Cártel de Jalisco Nueva Generación (CJNG). Loin d’apporter la paix espérée, son élimination par l’armée mexicaine, avec le soutien des États-Unis, a déclenché une vague de violences qui menace de s’étendre bien au-delà des frontières du pays. Les premières heures témoignent déjà d’une escalade macabre, annonçant des jours sombres pour la nation.
Malgré les efforts conjoints de Washington et Mexico, cette victoire à court terme risque de se transformer en un désastre à long terme. Le CJNG, bien que temporairement désorganisé, est loin d’être anéanti. Gaspard Estrada, chercheur à la London School of Economics, avertit que la mort d’El Mencho ne suffira pas à démanteler les écosystèmes complexes du narcotrafic mondial. Au contraire, on peut s’attendre à une recrudescence des luttes internes pour le pouvoir, exacerbant la brutalité et l’instabilité.
Cette situation soulève des questions inquiétantes sur l’avenir de la sécurité au Mexique. L’idée que la disparition d’un seul homme puisse mettre fin à un fléau aussi profondément enraciné relève de l’illusion. Le vide laissé par El Mencho sera inévitablement comblé, potentiellement par des figures encore plus impitoyables, prêtes à tout pour asseoir leur autorité. Les représailles contre l’État sont une menace palpable, et la population se prépare à subir les conséquences d’une guerre sans fin.
Le mythe d’une victoire facile s’écroule, révélant la dure réalité d’un système corrompu et résilient. Le narcotrafic continuera de gangréner le Mexique, s’adaptant et se renforçant face à chaque tentative de répression. L’espoir d’un Mexique pacifié s’éloigne, laissant place à la crainte d’une spirale de violence toujours plus profonde. Le tourisme, déjà fragilisé, pourrait en pâtir lourdement, tandis que l’ombre du grand banditisme plane sur l’ensemble de la société.






