
La mort tragique de Quentin Deranque à Lyon, battu à mort lors d’affrontements, met en lumière une réalité effrayante : la dérive violente du débat politique français. Qu’il faille rappeler qu’aucun citoyen ne devrait mourir pour ses opinions est un symptôme alarmant de notre société. Cet étudiant de 23 ans, militant d’extrême droite, a été sauvagement agressé par plusieurs individus masqués. Les conclusions de l’autopsie et l’ouverture d’une enquête pour « homicide volontaire » ne laissent aucune place au doute sur la brutalité de l’acte.
Les agresseurs, en utilisant des méthodes dignes de ceux qu’ils prétendent combattre, ont non seulement commis un meurtre, mais ont aussi discédité les idéaux progressistes et humanistes qu’ils pourraient représenter. Cette tragédie offre malheureusement un martyr à leurs adversaires, renforçant ainsi les clivages. Pendant que le gouvernement pointe du doigt l’ultragauche, et notamment la Jeune Garde, il est crucial de ne pas oublier que l’extrême droite a aussi une longue histoire avec la violence et le rejet des valeurs démocratiques.
Lyon, depuis des années, est le théâtre d’une escalade regrettable de la violence politique. Le laxisme de l’ancien maire, Gérard Collomb, face aux agissements de groupuscules d’extrême droite, ainsi que la présence persistante de hooligans néofascistes, ont contribué à cette montée des tensions. La « dédiabolisation » du Rassemblement national a paradoxalement renforcé certains groupuscules radicaux, entraînant une riposte des antifas. Le paysage politique français est ainsi plongé dans une spirale dangereuse, où la rhétorique du « eux ou nous » et la stratégie du chaos prospèrent, alimentées par les réseaux sociaux.
À l’approche des élections, alors que l’exécutif peine à trouver une majorité et que le Parlement est souvent le théâtre du désordre, ce drame assombrit encore un peu plus l’avenir. La violence est une impasse mortifère qui ne fait que le jeu de ceux qui veulent détruire les fondements de notre démocratie. Il est impératif de retrouver le chemin du dialogue et de la raison avant que d’autres vies ne soient brisées.






