
L’annonce a fait l’effet d’une bombe : le 24 mars, l’armée israélienne a clairement affiché son intention de s’emparer d’une bande de territoire s’étendant du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani. Cette déclaration, émise par le ministre de la Défense Israel Katz, marque un tournant potentiellement dévastateur dans la région, transformant des frappes transfrontalières en une tentative d’occupation territoriale pure et simple.
Cette zone représente près d’un dixième du Liban, et les implications sont colossales. Le ministre Katz a affirmé qu’Israël contrôlera les ponts restants et la zone de sécurité, empêchant le retour des centaines de milliers de civils libanais déplacés tant que la « sécurité » d’Israël ne sera pas « assurée ». Le principe est glaçant : « là où il y a du terrorisme et des missiles, il n’y aura ni maisons ni habitants, et l’armée israélienne sera présente ».
La situation est déjà catastrophique : depuis le 2 mars 2026, la guerre au Liban a déjà coûté la vie à plus de 1 000 personnes, dont 127 civils, et déplacé plus d’un million de résidents, soit 20% de la population. Les frappes israéliennes ont détruit des milliers de maisons, des infrastructures essentielles, et provoqué des dégâts environnementaux effroyables, notamment la destruction de ponts sur le Litani.
Le Hezbollah a immédiatement réagi, qualifiant cette décision de « menace existentielle » et promettant de se battre pour empêcher cette annexion. Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà sous haute tension, alimenté par le conflit entre Israël et l’Iran, qui a vu des frappes coordonnées entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, et des ripostes iraniennes. Le Moyen-Orient est plongé dans une spirale de violence dont la fin semble désespérément lointaine, avec des conséquences humanitaires et économiques qui ne cessent de s’aggraver.






