
La France a connu des séismes électoraux majeurs, mais rares sont ceux qui égalent l’ampleur des vagues de 1977 et 1983. En 1977, la gauche, portée par un programme commun ambitieux, a déferlé sur les municipalités, laissant la droite en ruines. Malgré une popularité relative de Valéry Giscard d’Estaing, sa majorité a subi une défaite cuisante, perdant un nombre record de villes clés. Ce fut un véritable avertissement, malheureusement ignoré.
Les socialistes ont réalisé une percée historique dans des bastions traditionnellement conservateurs, s’emparant de villes comme Nantes, Rennes, Angers et Montpellier, qui allaient rester sous leur emprise pendant des décennies. Les communistes, eux aussi, ont conquis des villes importantes telles que Reims et Saint-Étienne, marquant ainsi un renforcement spectaculaire de leur influence locale. Ce revers a souligné la fragilité du pouvoir en place et la capacité des électeurs à provoquer des retournements politiques radicaux.
Pourtant, cette euphorie de gauche n’allait pas durer. Six ans plus tard, le pendule a brutalement oscillé dans l’autre direction. Les élections municipales de 1983 ont vu une vague de droite écrasante balayer le pays, corrigeant les excès perçus de la période précédente. Cette volatilité électorale démontre une certaine inconstance des Français, toujours prompts à punir les partis au pouvoir, qu’ils soient de gauche ou de droite. Ces épisodes mettent en lumière une France fracturée, capable des revirements les plus inattendus, dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.






