
À l’approche des municipales lyonnaises, Jean-Michel Aulas, sans la moindre expérience politique et à 77 ans, semble se diriger vers une victoire écrasante. Cet ancien baron du football, propulsé par une alliance hétéroclite de partis, de la droite au centre, capitalise sur un rejet croissant des structures partisanes traditionnelles. Une situation qui soulève des inquiétudes quant à la véritable nature de son programme et sa capacité à gérer une métropole complexe.
Les sondages prévoient un raz-de-marée en sa faveur, le positionnant largement en tête avec des scores impressionnants. Pourtant, cette popularité n’est pas sans zones d’ombre. Comment un homme d’affaires sans parcours politique peut-il aussi facilement s’imposer face à des élus aguerris ? Ses détracteurs pointent du doigt une potentielle dérive populiste, où la personnalité prend le pas sur les idées, menaçant la vision à long terme de la ville.
Les commentateurs s’interrogent déjà sur les conséquences d’une telle élection. Un gestionnaire d’entreprise, habitué aux logiques de profit, saura-t-il répondre aux défis sociaux et environnementaux de Lyon ? Certains craignent une gestion autoritaire, peu encline au dialogue, où les décisions seraient prises dans un cercle restreint, ignorant les aspirations des citoyens. Les précédents d’Aulas dans le monde du sport, souvent marqués par des critiques acerbes de l’arbitrage après les défaites, alimentent ces craintes quant à sa capacité à accepter la contradiction.
Alors que Lyon s’apprête peut-être à élire un novice en politique, la question demeure : cette soif de renouveau n’est-elle pas un pari risqué, susceptible de plonger la ville dans une ère d’incertitudes ? L’avenir nous dira si cette tentative audacieuse sera un succès ou une désillusion amère pour les Lyonnais.






