
L’ancien Premier ministre népalais, Sharma Oli, a été arrêté ce samedi, accusé d’une répression sanglante qui a plongé le pays dans le désarroi. Avec son ex-ministre de l’Intérieur, Ramesh Lekhak, il est désormais tenu responsable des violences mortelles de septembre 2025 qui ont forcé son départ. La police de Katmandou a confirmé que « la procédure se poursuivra conformément à la loi », une déclaration qui sonne comme une menace directe pour les élites corrompues du pays.
Cette arrestation fracassante intervient juste après l’intronisation de Balendra Shah, rappeur et ancien maire de Katmandou, à la tête du gouvernement. Son parti a créé la surprise en raflant la majorité absolue aux élections, offrant une lueur d’espoir fragile après le soulèvement populaire. Une commission d’enquête accablante avait déjà recommandé des poursuites pénales contre Oli, son ministre et le chef de la police, soulignant l’échec retentissant des autorités à protéger leurs citoyens.
Les chiffres sont glaçants : au moins 77 morts et plus de 2 400 blessés en seulement deux jours d’émeutes en septembre 2025. Des milliers de jeunes de la Génération Z étaient descendus dans les rues, excédés par le blocage des réseaux sociaux et la corruption rampante. 19 manifestants ont été abattus à balles réelles dans la capitale, un bilan tragique qui pèsera lourd sur la conscience collective. La commission d’enquête a pointé du doigt l’inaction scandaleuse des forces de l’ordre, incapable de « maîtriser les tirs ».
Sharma Oli, 74 ans, continue de nier toute implication, rejetant la faute sur des « infiltrés » pendant sa campagne perdue. « Cette arrestation est de la vengeance, je vais mener une bataille judiciaire, préparez-vous », aurait-il clamé. Une déclaration qui ne fait que confirmer la profonde division d’un pays à vif. L’arrivée de Balendra Shah et de son Parti national indépendant (RSP) est perçue comme un vent de changement, mais la route vers la justice et la stabilité s’annonce semée d’embûches. Le nouveau ministre de l’Intérieur, Sudan Gurung, a promis que « personne n’est au-dessus de la loi », mais le spectre des violences passées plane toujours sur le Népal.






