
L’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, déjà actionnaire majoritaire, s’apprête à dévorer la quasi-totalité de Fnac Darty. Son OPA, lancée à 36 euros l’action, valorise l’entreprise à plus d’un milliard d’euros, une somme qui interroge. L’enthousiasme boursier, avec une flambée du titre de plus de 16%, masque à peine les incertitudes quant à l’avenir de ce fleuron français. Une telle opération soulève la question de la souveraineté économique nationale, alors que nos entreprises semblent de plus en plus vulnérables face aux appétits étrangers.
Le conseil d’administration de Fnac Darty a, de manière surprenante, accueilli « unanimement et favorablement » cette offre. Est-ce le signe d’une résignation face à l’inévitable, ou d’une réelle opportunité pour l’entreprise ? Daniel Kretinsky, via son EP Group, n’aura besoin que de 230 millions d’euros supplémentaires pour franchir le seuil des 50% du capital. Une somme dérisoire comparée à l’ampleur de l’enjeu, et qui pourrait transformer Fnac Darty en simple pion dans son empire.
Ce rachat intervient dans un contexte déjà tendu. Les rumeurs d’une mainmise chinoise via JD.com, acquéreur indirect du distributeur allemand Ceconomy (deuxième actionnaire de Fnac Darty), avaient déjà alerté Bercy. Les conditions posées par le ministère, notamment l’interdiction d’augmenter la participation et de s’ingérer dans la gestion, témoignent d’une inquiétude grandissante. Mais avec Kretinsky aux commandes, ces garde-fous pourraient bien voler en éclats. La France semble perdre un peu plus de son indépendance économique, laissant ses entreprises phares aux mains d’intérêts extérieurs. Les conséquences à long terme pour l’emploi et la stratégie nationale de l’enseigne restent extrêmement incertaines, voire préoccupantes.






