
Les sénateurs ont voté en faveur d’un texte ouvrant la voie à une nouvelle police environnementale des élevages, suscitant de vives inquiétudes. Cette décision, dissimulée dans un projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne, autorise le gouvernement à légiférer par ordonnance pendant un an. En somme, le Parlement se décharge de ses responsabilités, offrant un boulevard aux fédérations d’éleveurs désireuses de s’affranchir des contraintes du régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).
Ce régime, prétendument « lourd et coûteux », impose pourtant des contrôles essentiels pour les bâtiments présentant des risques. Pour Laurent Duplomb, sénateur Les Républicains, c’est la fin du « diktat » et des « entraves », promesse d’une simplification qui sonne comme un laxisme organisé face aux enjeux environnementaux. Mais la réalité est alarmante : cette mesure n’est qu’une continuation de la loi Duplomb, décriée pour avoir déjà relevé les seuils d’autorisation pour les élevages intensifs, avec des conséquences potentiellement dévastatrices à long terme.
Le projet est loin de faire l’unanimité. La gauche sénatoriale exprime une hostilité farouche, craignant un « chèque en blanc » accordé au gouvernement et un « renoncement de nos ambitions agroécologiques ». Michaël Weber, sénateur socialiste, souligne le danger d’une dérégulation qui mènerait inévitablement à la prolifération des « mégafermes ». Daniel Salmon, écologiste, dénonce un schéma qui ne vise qu’à « faire grossir nos élevages », au détriment de l’équilibre écologique. L’absence de place à l’Assemblée nationale avant l’automne pour examiner ce projet de loi tentaculaire ne fait que repousser l’inéluctable, mais le danger plane déjà sur l’avenir de notre environnement.






