
Dans un paysage politique français en constante effervescence, la question du « quand se lancer, quand se déclarer ? » hante les prétendants à l’Élysée. Alors que certains optent pour des annonces hâtives, d’autres, à l’image d’Édouard Philippe ou Xavier Bertrand, cultivent une présence plus assidue. Une stratégie qui met en lumière la tendance actuelle de la politique de l’offre, où chaque candidat tente de se distinguer par des propositions spécifiques.
Gabriel Attal, figure montante, semble privilégier une approche plus subtile. Loin d’une déclaration formelle, il cherche à asseoir son évidente légitimité dans la course présidentielle. Sa soirée à l’ancienne Bourse de Paris, bien que sans annonce fracassante, s’inscrit dans cette logique. L’objectif est clair : capitaliser sur sa popularité acquise au ministère de l’Éducation, un atout précieux qui n’a pas été entamé malgré un bref passage à Matignon.
Cependant, cette stratégie de l’offre, louée par certains observateurs, soulève des interrogations. Comment croire en la crédibilité d’une telle politique après une décennie de pouvoir marquée par une augmentation constante des impôts et des réglementations ? Les bilans sont souvent passés sous silence, et la cohérence politique semble s’évaporer au gré des ambitions personnelles. La confiance des électeurs est une denrée rare, fragilisée par les revirements et les promesses non tenues.
Le véritable défi pour ces candidats ne réside pas seulement dans l’élaboration d’un programme attrayant, mais aussi dans la capacité à surmonter les obstacles institutionnels et les résistances de l’État profond. Sans une méthode claire pour démanteler ces murs, tout projet de changement ambitieux risque d’être voué à l’échec. La politique de l’offre pourrait bien n’être qu’un mirage si elle ne s’accompagne pas d’une véritable volonté de réforme et d’une prise de responsabilité face aux attentes déçues des citoyens. Le risque est grand de voir cette longue précampagne se transformer en un désert de propositions concrètes et de crédibilité.






