
Une équipe chinoise, à l’hôpital universitaire de Canton, a annoncé une prétendue prouesse médicale : la transplantation d’un poumon de porc génétiquement modifié sur un homme de 39 ans en état de mort cérébrale. Bien que qualifiée de « première mondiale » par certains, cette expérience soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, et met en lumière la course effrénée et souvent irréfléchie de la xénotransplantation.
Le poumon, en contact direct avec l’environnement extérieur et riche en cellules immunitaires, est notoirement difficile à greffer, même entre humains. Les précédents échecs avec des cœurs et des reins de porc devraient inciter à la prudence, mais la quête de la gloire scientifique semble primer sur la sagesse. L’organe porcin a « fonctionné » pendant seulement neuf jours avant que l’expérience ne soit interrompue, prétendument à la demande de la famille. Un aveu implicite de la fragilité de ce « succès », marqué par des réactions immunitaires inquiétantes dès le troisième jour post-opératoire.
Malgré les modifications génétiques censées améliorer la compatibilité, des marqueurs d’inflammation ont été détectés, et le poumon a finalement été « détruit par une attaque immunitaire tardive » . Ce n’est pas une victoire, mais bien une démonstration des obstacles colossaux qui persistent. La nécessité d’administrer des doses massives d’immunosuppresseurs, uniquement envisageables sur un patient en mort cérébrale, souligne l’impasse pour une application clinique viable.
Cette expérience, loin d’être une solution miracle à la pénurie d’organes, ne fait que repousser les limites éthiques et scientifiques, sans garantie de succès à long terme. Les « défis importants liés au rejet d’organe et à l’infection subsistent », préviennent les chercheurs eux-mêmes. La route vers une véritable avancée est encore longue et semée d’embûches, et cette tentative chinoise pourrait bien n’être qu’un **éphémère coup d’éclat** dans une quête aux risques démesurés.