
Un an après la dissolution de l’Assemblée nationale, décidée par Emmanuel Macron le 9 juin 2024, le bilan est sans appel : la situation politique est plus que jamais confuse et délétère. Ce coup de poker, censé clarifier le paysage politique après la déroute des élections européennes, a plongé le pays dans une instabilité chronique et un immobilisme patent.
La décision présidentielle, qualifiée d’« arme nucléaire » politique, a non seulement « abîmé la fonction présidentielle » selon certains constitutionnalistes, mais a aussi mis la France « à l’arrêt ». Loin de dégager une majorité stable, les élections législatives anticipées ont abouti à un Parlement éclaté, morcelé, et incapable de faire adopter les textes essentiels. Même Emmanuel Macron a reconnu que la dissolution avait « produit plus d’instabilité que de sérénité ».
Les conséquences économiques sont tout aussi alarmantes. Trois Français sur quatre estiment que cette décision a eu un impact négatif sur la croissance, l’emploi et les entreprises, un sentiment confirmé par des chiffres inquiétants. La France a connu sa pire semaine sur les marchés financiers depuis 2022 après l’annonce, et l’économie française a été mise « totalement à l’arrêt », avec une chute des investissements privés. Certains experts estiment même que cette crise politique a coûté pas moins de 15 milliards d’euros au pays, réduisant la croissance d’un demi-point.
Le mécontentement grandit face à un président isolé, perçu comme ayant « dissous le macronisme » lui-même par cet acte précipité. L’incapacité à former un gouvernement stable et à gérer les défis majeurs du pays laisse un goût amer et une profonde incertitude quant à l’avenir politique et économique de la France.






