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Le Parti socialiste lance Noûs, un think tank censé mener une «bataille culturelle» face à la «vague réactionnaire». Une initiative qui semble plus être une tentative désespérée de réinventer un parti en déclin qu'une véritable stratégie pour l'avenir.

Face à la prétendue «vague réactionnaire», le Parti socialiste dégaine son nouvel «outil de résistance» : Noûs, un think tank dont l’objectif affiché est de mener une chimérique «bataille culturelle». Ce «nouveau maillon» entre intellectuels et personnalités culturelles et le parti d’Olivier Faure vise à agréger les «forces vives» qui, jusqu’à présent, ne savaient visiblement pas «à quelle porte frapper» pour contribuer au naufrage idéologique ambiant. Une initiative qui sonne plus comme un aveu de faiblesse qu’une véritable stratégie.

Présenté par ses coprésidents, Julie Martinez et Gaston Laval, Noûs, signifiant «esprit, intelligence» en grec, est censé poursuivre le «renouveau doctrinal» du PS. Une ambition risible quand on observe la déconfiture idéologique de la gauche depuis des années. Gaston Laval, conseiller PS de Paris, justifie ce lancement par un «moment clé de notre temporalité politique» avant la présidentielle et une «nécessité de renouveler notre logiciel intellectuel». Autant dire que le PS semble n’avoir rien trouvé de mieux que de ressasser les mêmes vieilles rengaines face aux défis actuels comme l’urgence climatique ou l’intelligence artificielle. Une tentative désespérée de masquer l’absence criante d’idées neuves et concrètes.

Au programme de ce laboratoire d’idées, des sujets «à penser sur le temps long et toujours avec un pas de côté», sans oublier l’objectif irréaliste de «trouver une répercussion sur le terrain». Parmi les thèmes de réflexion, on trouve des préoccupations aussi vitales que le sommeil, le bruit ou «la question du temps perdu» à l’ère de l’IA générative. Des sujets qui semblent bien loin des préoccupations réelles des Français et qui confirment la déconnexion d’une certaine élite socialiste. Le lancement, prévu le 8 juin, sur le thème «Nos vies empêchées : la violence contre les corps, les esprits, la démocratie», promet un festival de lieux communs et de victimisation.

Le PS, qui dit s’inspirer des initiatives des partis socialistes européens, cherche manifestement à copier ses homologues, faute d’inspiration propre. Doté d’un «conseil des savoirs» composé d’une trentaine de personnalités, dont des philosophes politiques et sociologues, Noûs ressemble à un énième cénacle intellectuel destiné à l’entre-soi, loin des réalités du quotidien. Une initiative qui risque fort de rester un simple coup d’épée dans l’eau, incapable d’inverser la spirale négative dans laquelle le Parti socialiste est englué depuis trop longtemps.