
La proposition de loi macroniste visant à modifier le mode d’élection des maires de Paris, Lyon et Marseille s’annonce comme une véritable bombe politique. François Bayrou, en poussant cette réforme, prétend vouloir « rapprocher les électeurs de leurs élus », mais les implications pourraient être bien plus sombres. Loin d’une élection « directe », le système maintiendrait un vote par conseillers municipaux, complexifiant inutilement un processus déjà opaque.
Le débat resurgit à l’approche des municipales de 2026, mettant en lumière la loi PLM de 1982, jugée par beaucoup comme une aberration démocratique. Cette loi instaure un scrutin par arrondissements, où les voix pèsent inégalement, créant des distorsions flagrantes. Un candidat peut ainsi remporter la mairie sans avoir la majorité absolue des suffrages, un scénario déjà observé aux États-Unis et qui pourrait se reproduire ici, minant la légitimité des élus. La réforme proposée par Bayrou, si elle devait être adoptée, remplacerait ce système par deux scrutins distincts : un pour les conseillers d’arrondissement, et un autre pour les conseillers municipaux sur une circonscription unique.
Cette initiative, perçue comme un « tripatouillage électoral » par ses détracteurs, risque d’engendrer une instabilité politique majeure dans nos plus grandes villes. La fusion des droites et des macronistes, rendue possible par cette réforme, aurait déjà semé le doute sur les résultats à Paris et Lyon lors des précédentes élections. Loin de simplifier le paysage, cette manœuvre politique pourrait profondément altérer la démocratie locale, laissant un goût amer aux citoyens qui se sentiront, à juste titre, floués par un système toujours plus alambiqué et moins représentatif.