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L'Anses publie un rapport accablant sur l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, dénonçant des interfaces manipulatrices et des risques accrus de troubles anxio-dépressifs et de cyberharcèlement.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a lancé un avertissement glaçant : les réseaux sociaux sont une véritable menace pour la santé mentale des adolescents. Un rapport inédit, fruit de cinq ans de recherches approfondies, dépeint un tableau alarmant de l’impact des plateformes sur les jeunes, exacerbant des problèmes déjà criants.

Près de 90 % des 12-17 ans sont accros à leur smartphone quotidiennement, 58 % se plongeant dans l’univers impitoyable des réseaux sociaux. L’Anses dénonce sans détour les « interfaces manipulatrices » et les « dark patterns » conçus pour captiver l’attention et maintenir l’engagement des utilisateurs coûte que coûte. Notifications incessantes, défilement infini, enchaînement automatique des vidéos, likes : tout est orchestré pour exploiter la vulnérabilité des adolescents, les poussant vers des contenus souvent extrêmes et ciblés par des algorithmes impitoyables.

Les conséquences sont désastreuses : troubles du sommeil, anxiété, dépression, automutilation, troubles de l’image corporelle, conduites à risque, et le fléau du cyberharcèlement. Les filles sont particulièrement touchées, passant plus de temps sur des plateformes hautement visuelles qui alimentent les pressions sociales et les stéréotypes de genre. L’Anses souligne que l’utilisation des réseaux sociaux est un facteur contributif majeur à ces maux.

Face à ce désastre, l’Anses appelle à une « responsabilisation des plateformes ». L’agence sanitaire exige que les mineurs n’aient accès qu’à des réseaux sociaux conçus pour protéger leur santé, bannissant les techniques manipulatives et interdisant la diffusion de contenus délétères. Un programme ambitieux, mais qui risque de se heurter à l’inertie des géants du numérique, plus préoccupés par leurs profits que par la détresse des jeunes. L’éducation aux médias et un soutien accru à la recherche, notamment sur l’impact de l’intelligence artificielle, sont également jugés essentiels pour tenter d’endiguer cette crise.