Naomi-Osaka-Roland-Garros-night
Roland-Garros programme enfin une affiche féminine en session de nuit, mais cette décision tardive révèle un échec persistant à promouvoir équitablement le tennis féminin.

Après des années de critiques et de scandales, Roland-Garros ose enfin programmer une affiche féminine en session de nuit. Mais ne nous y trompons pas, cette décision tardive et visiblement contrainte ne masque en rien l’échec persistant du tournoi à promouvoir équitablement le tennis féminin. La directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, aura bien du mal à justifier cette négligence lors de son prochain bilan. Il aura fallu trois ans, et une série de polémiques accablantes, pour que les organisateurs cèdent à la pression. Quelle triste réalité pour un événement de cette envergure.

Depuis l’instauration des sessions nocturnes en 2021, les femmes ont été reléguées au second plan, avec seulement quelques rares apparitions en soirée. Serena Williams, Swiatek, Cornet, Sabalenka… une liste dérisoire qui souligne un mépris flagrant pour les athlètes féminines. La colère d’Ons Jabeur la saison dernière résonne encore : « C’est une honte de la part de la fédération, une honte de la part du diffuseur ». Elle dénonçait avec justesse un cercle vicieux où le manque de visibilité conduit à une perception erronée du désintérêt du public. Comment les fans pourraient-ils s’enthousiasmer pour le tennis féminin s’il est constamment éclipsé ?

Ce revirement, forcé par les éliminations inattendues des stars masculines comme Sinner et Djokovic, n’est qu’un pansement sur une plaie béante. Il expose la dépendance du tournoi aux « grandes stars » masculines pour remplir ses soirées. La programmation du choc entre Aryna Sabalenka et Naomi Osaka n’est pas une victoire pour l’égalité, mais bien la preuve d’une stratégie de la dernière minute, contrainte par les circonstances. Roland-Garros continue de montrer son incapacité à véritablement valoriser le talent féminin, préférant les solutions de facilité et les compromis opportunistes face à l’échec de son tableau masculin. Une véritable déception pour l’avenir du sport.