
Le scandale des « grooming gangs » au Royaume-Uni continue de révéler un tableau dramatique et honteux d’échecs institutionnels. Après des années d’abus et d’exploitation sexuelle de milliers de jeunes filles défavorisées par des gangs, majoritairement d’origine pakistanaise entre les années 1990 et 2010, le gouvernement a finalement cédé à la pression et a lancé une enquête nationale. Toutefois, ce qui devait être une avancée vers la justice s’est rapidement transformé en un chaos invraisemblable.
Les multiples revues gouvernementales ont déjà mis en lumière les défaillances systémiques des institutions britanniques à prévenir, identifier et poursuivre ces crimes odieux. Les allégations selon lesquelles l’inaction serait due à une peur des accusations de « préjugés raciaux » soulèvent des questions troublantes sur les priorités des autorités.
En juin, le Premier ministre Keir Starmer a présenté ses excuses aux victimes pour la « douleur et la souffrance » et pour l’« échec des institutions » à les protéger, annonçant l’ouverture d’une enquête nationale. Pourtant, cette initiative, longtemps retardée, est déjà entachée de controverses. Des juges et avocats semblent réticents à présider l’enquête, et des désaccords persistent quant à son étendue, avec des craintes qu’elle ne devienne trop vaste pour être efficace.
Le rapport de la Baronne Louise Casey, qui a précédé l’enquête, a mis en évidence une « défaillance collective » de 15 ans, révélant que de nombreux cas étaient classés ou minimisés, les professionnels allant jusqu’à considérer que des enfants de 13 à 15 ans avaient « consenti » à des relations. Ces révélations sont accablantes et montrent une incapacité choquante à considérer les enfants comme de véritables victimes. La route vers la vérité est semée d’embûches, laissant un goût amer d’injustice persistante pour des milliers de victimes.






