
Le gouvernement claironne des économies massives grâce à la réforme des ruptures conventionnelles, mais la réalité est bien plus sombre. La réduction de la durée d’indemnisation pour les chômeurs de moins de 55 ans, passant de 18 à 15 mois, est présentée comme une panacée. Pourtant, les chiffres révélés par l’étude d’impact gouvernementale sont loin de rassurer. Si des économies de 600 à 800 millions d’euros sont promises à terme, les premiers résultats ne seront pas visibles avant des années.
En effet, l’étude prévoit zéro économie en 2026 et des gains modestes de 50 à 100 millions en 2027. C’est un lent chemin de croix pour une mesure censée redresser les finances de l’assurance chômage. Pendant ce temps, les travailleurs de 55 ans et plus pourraient échapper à cette coupe drastique, ajoutant une complexité inutile à un système déjà précaire. Cette exemption, soumise à une « appréciation des démarches effectives » de leur projet professionnel, ouvre la porte à l’arbitraire et à l’incertitude.
La Dares anticipe entre 12 000 et 15 000 retours à l’emploi, un chiffre qui semble bien dérisoire face aux risques de précarisation. L’accord, soutenu par le Medef, la CPME, l’U2P, ainsi que la CFDT, la CFTC et FO, doit encore être validé par les instances internes de certaines organisations, laissant planer un doute sur sa mise en œuvre effective. De plus, sa validité au-delà de 2028 est incertaine, la convention d’assurance chômage arrivant à échéance à cette date.
Le gouvernement, qui exigeait 400 millions d’euros d’économies annuelles, semble avoir obtenu un accord à la va-vite, dont l’impact réel et durable reste à prouver. Les affirmations du négociateur du Medef, Hubert Mongon, selon lesquelles les organisations patronales auront « à cœur de mettre en place des dispositions qui auront des effets dans le temps », sonnent creux face à l’urgence de la situation. Une réforme précipitée et incertaine, qui risque de laisser de nombreux salariés sur le carreil.








