
À Saint-Ouen, la tension est palpable alors que le maire socialiste sortant, Karim Bouamrane, autrefois pressenti pour Matignon, se retrouve sous le feu nourri des Insoumis. Candidat à sa réélection, Bouamrane incarne pour ses opposants tout ce qu’ils exècrent dans la classe politique actuelle. Son style médiatique, son omniprésence, perçus par certains comme un signe de dynamisme, sont dénoncés par d’autres comme de l’opportunisme pur.
Malgré une énergie affichée et des opérations de communication savamment orchestrées, le candidat socialiste peine à masquer les fractures profondes de cette ville de Seine-Saint-Denis. Les problèmes persistants de trafic de drogue et le sentiment d’abandon des habitants face à l’insécurité sont des sujets brûlants que Bouamrane semble peiner à résoudre, malgré ses grandes promesses. Des voix critiques s’élèvent, interrogeant la réelle implication du maire dans les préoccupations quotidiennes des audoniens, suggérant un décalage entre le discours et la réalité du terrain.
Le défi pour Bouamrane est de taille, confronté à une liste mélenchoniste déterminée à le déloger, mais aussi à la désillusion d’une partie de l’électorat. Les commentaires acerbes sur son mode de vie ou l’éducation de ses enfants, reflètent une profonde méfiance envers une élite politique jugée déconnectée. L’élection à Saint-Ouen n’est pas seulement un combat politique, c’est aussi le symptôme d’une crise de confiance généralisée où même les figures les plus établies peinent à convaincre face à la colère populaire.






