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Le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF), projet franco-allemand à 100 milliards d'euros, est au bord de l'effondrement, symbolisant l'échec de la coopération européenne en matière de défense.

Lancé avec pompe en 2017 comme le symbole d’une coopération franco-allemande « efficace et ambitieuse », le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) est aujourd’hui un monument à l’échec. Ce projet pharaonique, estimé à près de 100 milliards d’euros, est officiellement en vie, mais en réalité, il se trouve dans un état de mort cérébrale avancée. Ce qui devait être le plus grand projet de coopération industrielle européenne est devenu l’illustration parfaite des divergences profondes entre la France et l’Allemagne en matière de défense.

Malgré des années de négociations ardues, des milliards d’euros déjà engloutis – la France a encore budgété 1,2 milliard d’euros pour 2026 – Paris, Berlin et Madrid, rejoints en 2019, restent dans une impasse. Les géants industriels impliqués, comme Dassault Aviation et Airbus, n’arrivent pas à s’entendre sur la conception de l’avion de combat de nouvelle génération, pièce maîtresse du SCAF. Cette incapacité à progresser bloque l’ensemble des six autres piliers du programme, incluant le moteur, le cloud tactique et les drones de combat, tous répartis entre des entreprises des trois nations.

Ce désastre coopératif met en lumière les tensions persistantes et les intérêts divergents qui minent la vision d’une défense européenne unifiée. Le SCAF, au lieu d’être un fleuron technologique, est devenu un gouffre financier et un emblème de l’inefficacité politique, laissant planer l’ombre d’un échec cuisant pour l’avenir de la souveraineté aérienne du continent. C’est une déception majeure qui révèle les fragilités d’une ambition européenne trop souvent confrontée à des réalités nationales intransigeantes.