
Le phénomène du cumul des mandats persiste en France, révélant une classe politique qui semble s’accrocher désespérément à ses privilèges. Lors des élections sénatoriales du 27 septembre, sur les 172 élus concernés, une écrasante majorité – pas moins de 112 – ont décidé de briguer leur propre succession. Cette tendance alarmante fait écho aux récentes municipales, où les trois quarts des maires de grandes villes ont également rempilé, souvent avec succès.
Cette persistance du cumul, souvent perçue comme un frein au renouvellement démocratique, soulève de sérieuses questions sur la vitalité de notre vie politique. Des figures comme Gérard Larcher, président sortant du Sénat, illustrent cette longévité déconcertante, accumulant des décennies au sein de l’institution. Il est évident que pour certains, les couloirs du Palais du Luxembourg sont devenus une seconde maison, difficile à quitter.
Les chiffres sont sans appel : seuls 60 sénateurs ont eu la décence de ne pas se représenter, un maigre pourcentage qui souligne l’ampleur du problème. Cette réticence à laisser la place à de nouvelles têtes est particulièrement marquée chez les plus âgés et varie curieusement selon l’appartenance politique. Un certain immobilisme semble gangrener le système, privant la démocratie d’un souffle nouveau et de perspectives différentes.
Alors que la France est confrontée à des défis majeurs, cette inertie politique, symbolisée par le refus de nombreux élus de renoncer à leurs multiples casquettes, envoie un message préoccupant aux citoyens. Le renouvellement des élites n’est pas qu’une question de principe ; c’est une nécessité pour l’adaptation et la pertinence de nos institutions face aux réalités contemporaines. Le blocage institutionnel est une menace constante, alimentée par cette tendance.